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 La souffrance ordinaire et excessive - Cancer du rein

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CHRIJO



Nombre de messages : 141
Date d'inscription : 27/10/2006

MessageSujet: La souffrance ordinaire et excessive - Cancer du rein   Jeu 3 Nov - 10:40

Aucune technique, ni médicale, ni psychologique, ne nous empêchera d’être confrontés notre vie durant à des formes diverses de souffrance, de la plus légère à la plus abominable.
Une personne dite en bonne santé physique et mentale, ne s’attarde pas à penser que cet état de fait puisse être un jour remis en cause, elle vit tout simplement en ignorant sa chance. Lorsqu’un grain de sable vient perturber cette insouciance, l’agression physique ou mentale à laquelle cette même personne n’était pas habituée est perçue par elle comme une entrave inconcevable et scandaleuse à son bien-être. La sensation de douleur prend alors des proportions exagérées dans son cerveau, décuplant autant d’inquiétude que de stress, confortant ainsi son inaptitude à gérer convenablement cette douleur.

La souffrance physique ordinaire

En fonction de l’évolution de l’état d’esprit, il existe des degrés d’importance dans le ressenti de la douleur. Il existe aussi différents paliers d’évolution de ce même état d’esprit au-delà desquels la souffrance qui ronge le malade ne sera plus possible à supporter. Au fil du temps, l’apprentissage difficile et quotidien de la maîtrise de soi permet à ce même malade d’endurer l’épreuve. Son expérience lui permettra de se préserver autant se faire que peut d’un potentiel déséquilibre mental qui lui serait forcément préjudiciable par la suite.
L’heureux acquéreur d’une automobile va fulminer à la première éraflure, il passera une nuit blanche lorsque qu’une partie de la carrosserie sera endommagée, mais remerciera le ciel de voir sa famille indemne, lorsqu’en raison d’un accident de la route, sa voiture partira à la casse.
La souffrance c’est un peu comme ça, on se plaint dès l’apparition de petits bobos, puis on gémit au premier signe de pathologies bégnines, mais quelques soient le chemin à parcourir, les épreuves à endurer, et les nombreux sacrifices à faire, on se satisfait de notre sort lorsque notre combat n’a pas permis à la faucheuse de passer le seuil de notre maison, bien qu’elle rôde encore autour de nous.
Pour que notre obsession de la douleur disparaisse, il faut accepter sa présence à l’intérieur de soi, y faire face plutôt que la subir, faire en sorte de la minimiser en balayant toutes les mauvaises pensées de notre cerveau. La patience est une vertu qui portera à un moment ou à un autre ses fruits. Porter ses fruits ne voudra pas dire que nous n’aurons plus mal, disons que nous aurons acquis la force de maîtriser notre souffrance.
Certes Il s’agit là d’une gymnastique d’esprit qui s’acquière au fil du temps, mais qui s’avère également nécessaire pour que le patient ne se laisse pas déborder par ses invivables démons.
Cette philosophie est la mienne, mais je n’ai pas été toujours été capable, et je ne sais pas si je serais toujours capable de l’appliquer.
Au fil des années j’ai subi pas moins de huit opérations, j’ai connu les soins intensifs, j’ai expérimenté les bienfaits des différentes machines auxquelles je fus assujetti par décision médicale. J’ai connu l’inconfort des sondes gastriques, des sondes urinaires, des drains en tous genres. J’ai subi trois sortes de chimiothérapie, avec leurs effets de violence immédiate sur le corps, avant de vivre ensuite à long terme d’autres de leurs effets plus ou moins invalidants. J’ai connu l’injection de la morphine à hautes doses, et j’ai expérimenté ses actions euphorisantes. Je ne peux pas ignorer non plus les longues journées d’hôpital, où il me fallut apprendre à combattre solitude et ennui, où il me fallut apprendre à regarder mon existence autrement que par le passé.
Bien souvent la douleur était présente, mais je n’avais pas un autre choix que de vivre avec elle. Encore à ce jour je m’en accommode à défaut de pouvoir m’en débarrasser. Bien sûr il existe des traitements médicamenteux ou autres, pour soulager notre peine, mais ils ont leur limite, et ne peuvent en aucun cas devenir notre locomotive de tous les matins.
Qui pigne vit dit un célèbre proverbe, mais on peut tout aussi bien vivre sans.
Il faut bien garder à l’esprit que pleurer sur notre sort ne peut en aucune façon nous servir, car ce comportement nuit à notre équilibre mental, et ne fait qu’accentuer nos souffrances.
A geindre à tout-va, nous agaçons jusqu’à saturation notre entourage immédiat qui, en dehors des médecins, ne peut pas faire grand-chose pour nous soulager. A geindre à tout va nous risquons aussi et surtout de détériorer la qualité de nos rapports malade accompagnants. N’oublions pas que la valeur des rapports malade accompagnants constitue sans le moindre doute possible un appui autant solide que précieux. Cet appui s’avérera fort utile lorsque dans notre tête nous nous sentirons près à combattre notre égo, afin que nous jouissions ensuite d’une qualité de vie à peu près tolérable, et ce en dépit de notre statut de malade atteint d’un cancer.

La souffrance extrême

Se tordre de douleur sans trouver le moindre petit moment de repos conduit jusqu’aux limites de la folie. J’ai traversé moi-même une période de souffrance dévastatrice, où je ne concevais pas la mort autrement que comme une délivrance, délivrance à laquelle j’aspirais plus que tout.
Les nuages noirs étaient apparus un matin au réveil, lorsque posant mon pied gauche sur le sol, je ressentis comme des milliers de coups de couteau me transpercer la hanche, une décharge électrique descendit immédiatement jusqu’au talon. Depuis ces nombreuses années de combat mon organisme s’est habitué aux mauvaises surprises, je ne peux pas dire que je passe une semaine entière sans ressentir çà et là quelques petits problèmes. Je ne m’attarde guère sur ce genre de détail, comme je l’ai déjà dit précédemment, la douleur ordinaire m’accompagne à longueur de temps, et j’ai appris à cohabiter.
Cette fois l’attaque me semblait plus sévère. Je me voulais cependant optimiste, c’était la seule façon d’avancer ‘’sereinement’’ en attendant un avis médical. Je me rassurai donc et j’attribuai ce vilain élancement à une possibilité d’arthrose. Je n’y pensai pas davantage jusqu’au second, puis au troisième coup de boutoir. Difficile de dissimuler mes grimaces à mon entourage, je me trouvai donc contraint de leur faire partager mes interrogations. Y avait-il anguille sous roche ? »
Cette alerte n’était pourtant qu’un hors-d’œuvre par rapport à ce qui m’attendait.
De violentes tortures cervicales se déclarèrent quelques jours plus tard lors d’un bref séjour au CHU de Nantes, me confortant dans l’inquiétante idée, que le cancer s’était cette fois niché sur les os.
Y at-il un endroit pire que l’enfer ? Je ne serais le dire, mais les semaines suivantes moi qui était si sûr de ma théorie, j’appris à mes dépends qu’il existait des souffrances hors de tout contrôle.
Je passais des nuits blanches à pleurer, à attendre l’heure où il me serait possible de prendre un antalgique. Je ne dominais plus les souffrances, c’étaient-elles qui me dominaient.
Il n’était alors point question de philosopher, car j’étais totalement asservi à mes supplices, et dans un sursaut de vie je n’espérais que les talents de la médecine pour ne pas sombrer dans le néant.
Personne n’est préparé à affronter ce genre de situation, et lorsque cette monstrueuse épreuve nous tombe dessus, nous nous sentons totalement désorientés. Nous vivons totalement dans l’instant présent, et l’instant présent c’est d’être la victime d’une terrifiante et insoutenable torture contre laquelle nous sommes totalement impuissants.
Il nous est donc impossible d’adopter une philosophie protectrice, car la douleur poussée à son paroxysme nous paralyse les sens. Nous ne voyons plus personne, nous n’entendons plus personne, nous ne sentons plus la vie en nous, bref nous sommes totalement accaparés par notre supplice, supplice qui nous déconnecte cent pour cent de notre environnement. En quelques sortes nous ne sommes plus que l’ombre de nous-mêmes.
Heureusement pour moi plutôt que de chercher la solution du côté de la mort, la radiothérapie m’apporta le soulagement, que j’attendais. Mon désir de vivre repris alors très vite ses droits. Cette parenthèse cauchemardesque dans mon parcours médical me ramena à plus d’humilité qu’en à ma prétendue infaillibilité dans la gestion de la souffrance, ce qui ne m’empêche pas tout de même de continuer à philosopher.

joelgau1954.unblog.fr




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