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 Un poignard en plein coeur

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CHRIJO



Nombre de messages : 141
Date d'inscription : 27/10/2006

MessageSujet: Un poignard en plein coeur   Ven 10 Avr - 16:50

Jeudi 2 décembre 2004, vendredi 10 avril 2015, 10 ans 4 mois, 8 jours d’un challenge dont je n’aurais jamais voulu qu’il soit le miens. Le bilan est lourd : 79 jours d’hospitalisation, 48 scanners, 3 échographies cardiaques, 1 scintigraphie cardiaque, 2 scintigraphies osseuses, 1 fibroscopie, 4 IRM, 4 opérations lourdes, deux plus légères, 5 biopsies, entre 300 et 350 piqûres poses de cathéters, et analyses de sang comprises, 5 séances de radiothérapies, trois séries de traitements chimiothérapiques dont l’un encore en cours, et la guérison à remettre aux calendes grecques.
Parfois j’aimerais clamer, crier, hurler contre l’injustice. Parfois j’aimerais pleurer, et même verser toutes les larmes de mon corps. Parfois j’aimerais taper, cogner, asséner des coups. Tout ceci ne servirait pas à grand-chose, mais aurait au moins le mérite de me procurer un peu de soulagement.
Tout ceci ne servirait pas à grand-chose donc, car je ne serais pas vers qui diriger ma colère, aussi comme à chaque fois qu’un nuage menaçant assombri mes pensées, je chasse le mauvais temps.
Bien qu’il soit possible d’influer sur son destin, c’est toujours lui qui a le dernier mot, ces dix années d’une très pénible expérience m’ont fait comprendre très vite que la véritable acceptation serait celle qui m’apporterait la paix intérieure, mais cela ne signifie pas que l’on doit se résigner, il faut combattre l’adversité le plus sereinement possible. Cette philosophie n’est pas facile à accepter je vous l’accorde, et il m’arrive souvent de déraper, c’est la raison pour laquelle la bataille doit être menée sur deux fronts, contre la maladie, et contre soi-même.

Joël Gautier 10 avril 2015

Chacun sait comme une écharde plantée dans un doigt, ou comme un reste alimentaire coincé entre deux dents, sont des situations qui insupportent au plus haut point. Seulement voilà-il s’agit de corps étrangers facilement extirpables. Dans mon cas j’avais à faire à quelque chose de non identifiable, et je n’avais donc pas de solution pour m’en débarrasser. Ce n’était pas faute d’essayer, mais ni le sérum physiologie, ni le lavage à grandes eaux ne faisaient effet.
De guerre lasse je finis donc par tolérer un handicap, qui donc s’ajoutait à la liste, sans que je ne puisse rien faire d’autre que de constater mon impuissance.
Je n’attendais pas le vendredi 20 mars avec impatience, car je savais trop bien ce à quoi je devais m’attendre, mais en même temps vivre dans l’ignorance n’était pas non plus une solution.
Une fois encore mon rendez-vous était de très bonne heure, en tout début d’après-midi, aussi la salle d’attente n’espérait que nous.
Le docteur C soignait mes pathologies annexes, hypertension, arythmie cardiaque, hypothyroïdie, et éventuellement toutes celles qui n’avaient pas de rapport avec mon cancer. Pour ce qui était de ma surdité, il avait simplement pris note de mes visites régulières chez l’ORL, une spécialité qui n’était pas la sienne. Il recevait régulièrement un rapport très détaillé de mes visites régulières à Nantes, il nous en fit la lecture.
L’auscultation ne révéla rien de bien méchant, il réitéra même ses propos de la dernière fois, j’étais plutôt en assez bonne forme compte-tenu de mon lourd passé médical.
Il me confirma que les aléas de mon état physique et mental étaient normaux, dans la mesure où les hormones synthétiques ne remplaçaient pas les hormones naturelles.
Pour ce qui était de mon œil, il ne s’agissait pas de prendre les choses à la légère, il prit donc soin de téléphoner au secrétariat d’ophtalmologie de la clinique et patienta pour parler à madame H en personne, avant de m’informer qu’un rendez-vous était fixé, immédiatement après mon départ du cabinet médical.
La clinique était relativement récente, puisqu’elle avait été inaugurée en août 2008, pourtant les parkings étaient déjà saturés, aussi dûmes nous nous garer à l’opposé de l’entrée des consultations externes.
Le service était archibondé aussi bien par les patients que par leurs accompagnants, sans nul doute l’attente allait être longue. Chantal me proposa d’aller acheter un livre de mots fléchés, ce que j’acceptai de bon cœur.
L’un après l’autre madame H appelait ses clients jusqu’à ce que ce fût à mon tour, en fait-il s’agissait simplement de me mettre des gouttes dans l’œil droit afin de dilater ma pupille. Nous passâmes ensuite dans une autre salle, où cette fois nous nous retrouvâmes seuls. Elle réitéra l’exercice plusieurs fois, j’eus même le temps de terminer un grille et d’en entamer un autre, après quoi nous nous retrouvâmes dans son cabinet.
L’ophtalmologiste m’invita à m’asseoir devant l’imposant dispositif de ses appareils puis évalua mon acuité visuelle, la tension des yeux, la mobilité oculaire etc. avant de passer à l’examen du fond de l’œil. L’épreuve n’était absolument pas douloureuse, mais fortement désagréable, je me sentais même très contracté, et priait pour que tout ça se termine le plus vite possible. Je ne m’attendais pas à une bonne nouvelle, compte-tenu des symptômes on m’avait parlé d’un possible décollement de la rétine.
Mme H me rassura partiellement, le bilan n’était pas à prendre à la légère, mais paraissait moins grave de conséquences qu’envisagé.
« Vous souffrez d’un décollement du vitré, et d’une hémorragie intravitréenne. La tâche désagréable que vous percevez, et qui vous obscurcit la vue, est une extravasion de sang dans la masse gélatineuse qui constitue le vitré. Je n’ai pas pour l’heure constaté une aggravation potentielle de la situation. Il faudra que nous nous revoyons, disons début avril. »
« Est-ce que le problème a un rapport quelconque avec mon cancer ? »
« Non absolument pas, il s’agit d’une pathologie que l’on rencontre le plus souvent sur des sujet s ayant atteint la soixantaine. »
« Et comment soigne-t-on cette affection ? »
« Il n’existe aucun traitement. Il faut boire beaucoup pour veiller à n’être jamais se déshydrater, prendre énormément de repos, éviter les voyages en voiture ! »
Nous reçûmes la dernière recommandation, comme un poignard piqué en plein cœur.

Mon témoignage de mon cancer du rein métastasé : traitement Nexavar Sutent Votrient

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