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 Handicap social

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CHRIJO



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Date d'inscription : 27/10/2006

MessageSujet: Handicap social    Jeu 26 Mar - 14:02

Ne plus voir isole des choses, ne plus entendre isole du monde.

Le cancer me plaçait en situation de handicap social depuis quasiment une décennie, et voilà qu’un autre problème tout aussi grave me mettait un peu plus à l’écart de mon environnement. La perte progressive de l’ouïe me plaçait en effet dans une position très difficile, bien au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Je faisais des efforts surhumains de concentration pour ne pas être déconnecté des gens, et j’avais bien conscience que ces efforts étaient nécessaires pour éviter mon retrait pur et simple de la société, mais la tâche était ardue, fatigante, et rarement récompensée par des résultats.
J’ai toujours assumé ce que le destin m’a imposé, aussi je ne craignais pas les moqueries, mais je réalisais la gêne occasionnée du fait de demander à chaque instant à mes interlocuteurs de répéter les mots. Aussi m’arrivait-il de plus en plus d’abandonner la partie, et de quitter une conversation sans en avoir saisi la teneur.
Jusqu’à présent, je ne comprenais pas les malentendants qui ne contrecarraient pas les effets néfastes de la surdité, j’avais la certitude d’être plus mordant que la plupart d’entre eux. Pourtant au fil du temps j’étais logé à la même enseigne, et j’acceptais sans rechigner, ma probable défaite.
Mardi 18 décembre 2014, j’avais rendez-vous avec l’ORL un peu barbouillé. Je ne savais pas s’il fallait mettre ça sur le compte de l’anxiété, car la veille j’avais subi ma piqure de Xgeva et il m’arrivait parfois d’éprouver les jours suivants un certain malaise, mais bon il faut bien l’admettre je redoutais quand même le verdict du docteur M !
Je ne crois pas aux miracles, et compte-tenu de ma pathologie je ne fus pas surpris lorsqu’il m’annonça que la perforation du tympan droit s’aggravait, et qu’une greffe d’un autre tympan serait vouée à l’échec. Bien sûr l’audiogramme ne m’annonçait pas non plus une bonne nouvelle, il fallait se rendre à l’évidence le port de prothèses auditives devenaient une nécessité.
Désormais Chantal m’accompagnait à toutes les consultations, elle était mes oreilles en attendant mieux.
Mardi 13 janvier 2015, la pluie abondante de la nuit avait laissé sa place à un régime d’averses. J’avais une consultation de fixé au CAC de l’espoir en début d’après-midi, ce qui nous fit partir à l’heure du déjeuner, et ce qui nous permit aussi d’éviter les encombrements du trafic routier.
C’était désormais la routine, les parkings du centre étaient pleins, y compris les places réservées aux handicapés, pas toujours occupés par des véhicules possédant la carte de stationnement. L’accroissement des malades et donc des visiteurs avaient contraint le directeur de l’établissement à construire un nouveau parking en contrebas, nous eûmes donc pas d’autres choix que de nous y garer. J’éprouvais beaucoup de difficulté à franchir le chemin pentu, aussi j’arrivai à l’accueil très essoufflé.
Beaucoup de monde était présent, dans l’attente de faire enregistrer leur arrivée, mais nous étions en avance, aussi en attendant de voir mon numéro affiché, je m’installai confortablement dans un fauteuil pour retrouver une fréquence respiratoire normale, et pour m’éponger le front en sueur.
Au premier étage le service des soins de suite était tout aussi calme, et tout aussi apaisant que la dernière fois. Madame Q spécialiste de la douleur nous reçut avec son joli sourire habituel.
Elle constata par mes dires que mes douleurs osseuses étaient supportables depuis que nous avions augmenté légèrement la morphine, mais que j’avais un sérieux problème d’insomnie, ou plutôt de sommeil troublé.
« A moins de supprimer complètement la morphine, nous aurons du mal à réguler vos agitations nocturnes. »
« Il faut parfois que je combatte une certaine forme de spleen lorsque je me lève le matin. »
« Je ne suis pas étonné, car les insomnies, ou les sommeils de mauvaises qualités entraînent cet état de fait. Souhaitez-vous un anxiolytique et un léger somnifère ? »
« Non car du coup, ça ne fonctionne pas forcément la nuit, et dans la journée je suis complètement abruti. »
« De toute façon si vous changez d’avis, vous me passez un petit coup de fil, et je faxe l’ordonnance à votre pharmacie. »
Chantal s’était fait le parfait intermédiaire entre moi et mon interlocutrice, car ma surdité relative faisait barrière à la conversation.
La salle d’attente des consultations du second étage était tout aussi encombrée que le hall d’accueil. Curieusement même si je n’attendais pas un résultat de scanner, je ressentis un certain malaise, peut-être à cause des odeurs spécifiques de ces établissements de soins, qui me rappelaient beaucoup trop de mauvais souvenirs.
La visite auprès de mon oncologue permettait de faire le bilan de ces deux mois passés depuis notre dernière entrevue. Le docteur R s’aperçut très vite que j’étais relativement en forme, le problème de l’audition ou de la douleur n’étant pas ses préoccupations, mais celles de ses confrères.
« Et bien nous allons continuer notre rythme tranquille de croisière ! »
« Espérons que la croisière ne se termine pas comme le naufrage du ‘’Costa Cordia’’ ! »
L’oncologue marqua un temps d’arrêt surpris par ma répartie, j’ignorais s’il avait compris la métaphore.
Cette fois nous allions fixer un nouveau rendez-vous de scanner, ce qui me rappela que la plaisanterie avait ses limites, et qu’elle n’exorcisait pas toutes mes angoisses.
Nous prîmes congé du docteur R et de la secrétaire avec dans ma tête l’inquiétude de la journée du 6 mars, tel est ma vie, et je ne peux rien y changer.

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