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 Chronique d'une exérèse annoncéé : mon cancer du rein

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CHRIJO



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Date d'inscription : 27/10/2006

MessageSujet: Chronique d'une exérèse annoncéé : mon cancer du rein   Jeu 6 Juin - 12:52

http://joelgau1954.unblog.fr/ mon cancer du rein décembre 2004 / juin 2013

A minuit la pendule de la cuisine avait affiché la date du 21 mai, et cinq heures plus tard Chantal s’était levée pour prendre son petit déjeuner. Je n’avais pas eu besoin que l’on me réveille. Je n’avais pas l’obligation de prendre du temps pour manger, car il fallait que je sois à-jeun, mais il n’était pas question de lambiner pour autant. Ce qui me réjouissait guère, c’était de passer sous la douche, à une heure aussi matinale, alors que mes membres étaient encore tout engourdis par cette nuit de sommeil, somme toute assez correcte, malgré le stress qu’engendrait l’approche de l’intervention. Je n’avais pas du tout aimé les deux ou trois gouttes d’eau froide qui s’étaient répandues sur mon corps, lorsque j’avais saisi la pomme de douche, mais à présent que l’eau chaude coulait sur moi, j’appréciais ce bon moment de détente. Les frictions à la Bétadine importaient dans ma maison des odeurs d’hôpital génératrices de souvenirs désagréables, et donc de peur et d’angoisse, embuant mon cerveau d’idées négatives qu’il fallait coute que coute chasser de mon esprit.
Par expérience je savais que je vivais le moment le plus difficile, car une fois dans l’ambulance, je me laisserais guider jusqu’au soir, m’abandonnant totalement à mon sort.
Nous faisions une partie du trajet de nuit, de plus la pluie s’était invitée à la fête. La conductrice qui prétendait m’avoir déjà emmené, ne semblait pas gênée par ces conditions de circulation, car elle entretenait une conversation soutenue, ce qui me faisait oublier que j’étais en train de voyager une fois de plus vers des horizons incertains.
Chantal bien calée dans son siège derrière l’ambulancière, luttait pour ne pas être victime du mal des transports, l’un de ses points faibles.
A la faveur d’un nombre infime d’usagers de la route, et d’échanges verbaux fructueux, je n’avais quasiment pas pris conscience que nous étions déjà en train de pénétrer dans le centre de Nantes. L’aurore se levait sur une agglomération où l’activité économique était encore toute balbutiante, c’était le meilleur moment pour circuler et pour se garer.
Nous n’avions pas fait l’erreur de notre première convocation dans le service du professeur Gouin, et nous contournâmes les bâtiments en laissant l’entrée principale du CHU pour nous rendre directement à l’endroit indiqué sur notre courrier. A cette heure matinale, le parking n’attendait que nous, ainsi que celui qui allait être le patient de la chambre voisine à la mienne.
Je n’avais pas eu besoin de procéder à mon admission, je ne comprenais pas bien pourquoi, mais je n’avais pas non plus l’intention de chercher à comprendre. L’hôpital de jour était un lieu austère, couloirs et chambres étaient éclairés par des néons. Ni le personnel, ni les malades ne voyaient la lumière naturelle du soleil. Pourtant nous fûmes accueillis par une infirmière de garde souriante qui plaisanta sur ces conditions de travail en s’excusant presque de ne pouvoir nous proposer mieux. Le transfert dans de meilleurs locaux était programmé pour bientôt, mais dans l’immédiat les malades devaient se contenter de ce qu’on leur proposait.
Dans cet espace restreint qui ressemblait davantage à une cellule qu’à une chambre, Chantal avait pris place dans le fauteuil à la droite de mon lit, quant à moi, allongé sur les draps et affublé de ma blouse réglementaire, j’attendais patiemment que l’on vienne me chercher. L’équipe de service était venue vérifier mes constantes, m’avait rasé l’aisselle gauche, et m’avait ensuite précisé le programme des réjouissances.
Je n’allais pas subir l’opération du siècle, et pourtant j’étais nerveux au point de gagner régulièrement les toilettes pour vider ma vessie, une situation nouvelle, malgré ma solide expérience de patient confronté régulièrement aux univers médicaux et chirurgicaux.
Je n’avais pas trop bien saisi toutes les explications fournies par l’infirmière, concernant la première phase de l’intervention, mais je savais désormais que j’allais supporter bien plus qu’une simple échographie.
L’attente n’avait pas été trop ennuyeuse lorsque le brancardier ouvrit la porte. Chantal était bien décidée d’occuper cette période de solitude ailleurs que dans les ‘' catacombes’’ du CHU, elle suivit mon lit à roulette qui me transportait vers le service échographie, puis demanda à notre accompagnateur de lui indiquer la direction du grand hall d’accueil. Elle me fit un petit au-revoir de la main, puis disparu de mon champ de vision.
Le brancardier signala mon arrivée puis me confia à ma solitude et à mes angoisses en me plantant au beau milieu du vestibule.
Il n’y avait pas foule autour de moi, à part une secrétaire hôtesse qui s’apprêtait à recevoir les premiers patients de la journée.
L’attente fut une nouvelle fois supportable, et il fallait car mes problèmes de vessie ne s’arrangeaient pas, je voulais en finir au plus vite. Assisté d’une infirmière, l’homme qui allait s’occuper de moi était plutôt jeune, et d’un abord fortement sympathique. Il poussa mon lit dans la salle d’examen, de manière à ce que je puisse voir l’écran de contrôle de sa machine.
« Bonjour monsieur, on vous a expliqué ce que j’allais vous faire ? »
« Brièvement et je n’ai pas forcément prêté très attention à ce que l’infirmière m’a dit. »
« Bon, nous allons visionner la lésion à l’aide de l’échographe, puis je vais vous faire une petite anesthésie locale au niveau de l’épaule, et enfin je vais introduire à travers vos muscles, une petite tige métallique appelée harpon, dans notre jargon médical, qui servira de repérage, et donc en quelque sorte de fil d’Ariane pour le chirurgien afin de réduire au maximum l’exérèse. »
Le patricien avait bien du mal à détecter la petite tache suspecte sur son écran, et me demanda où la métastase était située exactement. Je ne pouvais pas répondre, car il y avait belle lurette qu’elle n’était plus palpable.
« J’ai passé un IRM le 16 avril, sans doute vous est-il possible de consulter les images sur internet ! »
Il me répondit sans doute par un oui, mais je n’avais pas entendu. En tout cas il quitta un petit moment la salle d’examen, avant de reprendre le travail, là où il l’avait laissé.
Cette fois il n’hésita pas à se placer au bon endroit et obtint le résultat escompté.
« Voilà je pique, vous allez sentir une petite douleur désagréable, et ensuite plus rien. »
J’étais au premier plan pour regarder le harpon pénétrer ma chair, mais il est vrai que j’étais au paradis comparé à la terrible épreuve que j’avais subi lors de mes biopsies de décembre et d’avril, car je ne percevais absolument rien des misères qu’endurait mon corps. Le patricien se plaça devant moi pour terminer sa petite intervention, aussi je ne vis rien de ce qui se passa ensuite. A présent j’étais affublé d’un joli pansement, et je me trouvais de nouveau dans le vestibule avant de regagner l’hôpital de jour. Le brancardier n’était pas le même qu’à l’aller et lorsqu’il me réinstalla dans ma chambre, il prit le temps ainsi que l’infirmière présente de m’écouter raconter mes ressentis de malade.
« Je vais vous donner un petit comprimé d’Atarax monsieur pour que vous soyez moins nerveux. En principe on revient vous chercher dans une demi-heure. »
J’étais tout seul dans mon réduit, et je fixais le plafond car je n’avais pas grand-chose d’autre à faire. Sans doute avais-je dû somnoler, car lorsque le brancardier apparût dans l’encadrement de la porte, je ne savais plus très bien où j’étais.
« Vous êtes prêt monsieur Gautier ? Je vous emmène au bloc. »
J’avais à faire à un troisième brancardier, un grand costaud celui-là, il avait l’habitude du silence quand il s’agissait de conduire le malade à ‘’l’échafaud’’.
Le sas d’accueil des patients était en effervescence, le personnel s’agitait dans tous les sens, il n’y avait pas lieu de s’ennuyer en observant ‘’ cette fourmilière en activité’’.
Une femme était venue consulter mon dossier déposé au pied de mon lit, elle m’avait posé un certain nombre de questions, puis s’était évaporée. A présent personne ne me donnait l’impression de se soucier de mon existence, et je sentais ma vessie semer de nouveau la zizanie. Mon anesthésiste était venue s’intéresser à moi, mais dut presqu’aussitôt courir vers une urgence. Il y avait urgence également sous mes draps, je ne pus éviter de demander un urinal pour soulager mes envies. Décidément je ne comprenais pas cette réaction de mon corps, car pour avoir arrêté de boire de l’eau avant minuit, j’en étais à mon sixième passage aux toilettes depuis mon arrivée. Je voulais croire que je n’allais pas m’oublier une fois anesthésié. Comme une misère n’arrive jamais seul le chirurgien était venu me prévenir d’un retard à cause de l’opéré précédant. Deux autres malades étaient venus me tenir compagnie, avant que l’anesthésiste s’occupe enfin de moi. Elle n’avait pas été délicate à poser le cathéter, et j’avais senti une désagréable douleur quand l’aiguille avait pénétré la veine.
La salle d’opération était glaciale, pour éviter la propagation des microbes m’avait-on dit. J’étais bien couvert, seul mon bras gauche pendait dans le vide. L’anesthésiste qui cette fois sans que je sache pourquoi était un homme plutôt jeune, m’indiqua qu’il commençait à injecter, que j’allais sentir un peu de chaleur, et puis mon esprit s’envola vers des horizons totalement inconnus.
Je repris conscience dans la salle de réveil, et je compris tout de suite ce qui m’était arrivé, car mon épaule me fit grimacer de douleur.
« Je vais vous donner un calmant sur un sucre que vous laisserez fondre sous votre langue. »
Je n’étais pas en mesure de distinguer les traits de la femme qui venait de m’adresse la parole, mais j’obéis sans broncher à ses ordres.
Il était aux environs de 14 heures 30 lorsqu’on me ramena à la chambre, et le hasard voulu que Chantal arrive en même temps que moi. Elle ne s’était guère ennuyée car elle avait rencontré des amis venus pour des contrôles médicaux. Avant de me rejoindre elle avait aussi pris le temps de pique-niquer, et de lire un peu, dans le coin salon du grand hall d’accueil, animé d’une intense activité humaine.
Je n’étais ni nauséeux, ni fatigué, aussi on me proposa immédiatement de déjeuner. Par prudence, j’optai plutôt de me contenter d’un café au lait avec du pain et de la confiture.
Je me sentais soulagé et libéré de cette première étape d’une décision mûrement réfléchie, La mise au point de cette nouvelle technique de combat n’avait pas été sans rencontrer des difficultés, mais à présent le processus était enclenché, et je n’avais pas l’intention d’abandonner en si bon chemin.
Pourtant la douleur que je ressentais au niveau de l’épaule était intense, et ne s’atténua que lorsque l’infirmière m’apporta le nécessaire pour mettre mon bras en écharpe, tout en m’administrant un calmant.
L’infirmière passa pour contrôler si le drain remplissait bien sa fonction, puis décida un peu plus tard de m’en débarrasser. La plaie suturée sur une longueur de dix centimètres était propre et ne montrait pas de signes d’inquiétudes. Il ne restait plus qu’à vérifier les constantes et d’attendre ensuite le passage du chirurgien pour me laisser m’échapper. L’infirmière avait également averti l’ambulancier de venir nous chercher aux environs de dix sept heures trente, elle nous le fit savoir. Il fallait qu’elle soit bien sûr de l’horaire de passage du chirurgien, ainsi que de son diagnostic pour faire une telle démarche, et je trouvais ça plutôt rassurant pour nous.
Le professeur Gouin ne traîna pas en effet à me rendre visite. Il m’exposa son travail en trois coups de cuillère à pot. La lésion retirée faisait 1 cm de large, sur 2 cm de profondeur, ce qui correspondait mais de manière plus précise à ce que le radiologue avait détecté sur mon IRM. Les tissus autours de cette lésion étaient sains, le chirurgien me confirma qu’une radiothérapie n’était pas à envisager. Il fallait garder mon bras en écharpe pendant plusieurs jours, et une infirmière passerait régulièrement pour entretenir la plaie. L’homme ne s’attarda pas davantage et pris congé de nous.
Les différentes étapes de cette hospitalisation de jour s’étaient enchainées sans mauvaise surprise, mais également sans retard excessif. L’ambulancier pénétra dans la chambre alors que le praticien venait juste de nous quitter confirmant ainsi la bonne organisation de ce passage éclair au CHU de Nantes.
Le voyage de retour allait être un peu serré, car le véhicule accueillait également un autre couple. J’avais là une nouvelle occasion de relativiser ma situation, car le patient assis à côté du chauffeur était un vieil homme aveugle, diabétique et soigné également pour une leucémie.
Face à ce mauvais coup du sort, sa réaction avait été fortement négative, car il était plongé dans un mutisme total, auquel sa femme devait faire face tant bien que mal. Parents et amis les avaient abandonnés, et ils avaient perdu toute illusion de retrouver un jour un petit coin de ciel bleu. Ma conversation avec l’épouse n’avait pas été très concluante, car j’avais été incapable de trouver les arguments nécessaires, pour leur redonner une petite étincelle de vie.
Quant à nous, il était temps de retrouver notre univers familier, et de nous sentir pleinement satisfait d’avoir franchi le premier stade cette nouvelle stratégie de bataille contre le cancer
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