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 Chronique d'une biopsie annoncée : 18 et 19 décembre 2012

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CHRIJO



Nombre de messages : 141
Date d'inscription : 27/10/2006

MessageSujet: Chronique d'une biopsie annoncée : 18 et 19 décembre 2012   Sam 18 Mai - 11:05


Mon cancer du rein : http://joelgau1954.unblog.fr/ Sad

L’une des assistantes du professeur Dupas vint m’accueillir pour m’expliquer le déroulement de l’examen. C’était une jolie rousse au teint de lait, au visage souriant et empreint de douceur. De cette personne émanaient des ondes positives qui m’aidaient à m’apaiser un peu. Son collègue était également calme et rassurant. Ensemble ils positionnèrent mon lit parallèlement à la table d’examen.
« Votre cathéter a été placé quand ? »
« Hier soir lorsque l’infirmière est venu me prélever du sang. »
« Ok nous n’allons donc pas vous faire davantage de misère. Je vais vous poser une perfusion de réhydratation, et par cette même voie, nous vous injecterons le produit de contraste. »
« Je fais de l’insuffisance rénale. »
« Oui j’ai vu le résultat de votre prise de sang, l’insuffisance est légère, toutefois nous allons en tenir compte. »
L’homme brancha la perfusion à l’embout du cathéter, puis m’invita à basculer de mon lit vers la table d’examen. Comme je manquais indiscutablement de souplesse, l’opération s’effectua un peu brutalement, et je retombai assez lourdement sur la table.
« Doucement ne vous faîtes pas de mal, nous avons tout notre temps. »
Je ne savais pas si nous avions tout notre temps, mais ce dont j’étais sûr c’était que si j’avais pu prendre mes jambes à mon cou, je me serais enfui sans plus tarder.
« Bon l’intervention par elle-même n’est pas trop longue, c’est la préparation qui prend plus de temps. Est-ce que vous avez déjà subi une biopsie ? »
« Oui à l’épaule gauche, il y a environ 2ans 1/2. »
« Le principe est le même. »
Elle avait beau me dire que le principe était le même, je ne partageais pas ce sentiment, surtout que mon oncologue m’avait bien fait comprendre que l’opération risquait d’être délicate.
« Vous allez vous retourner sur le ventre, et poser votre tête sur vos bras croisés au dessus des épaules. Placez vos pied sur le coussin que je vous installe. Surtout n’hésitez pas à nous dire si vous n’êtes pas confortablement allongé, car il va falloir rester immobile pendant vingt bonnes minutes. »
Elle attendit quelques instants que je me conforme à ses recommandations, puis lorsque qu’elle constata que j’étais immobilisé, elle poursuivit son speech.
« Votre coopération est essentielle : elle contribuera à la rapidité du geste de ponction et diminuera les risques de douleur et de complications. Vous devez rester immobile pendant l'ensemble de la procédure et arrêter de respirer quand le radiologue vous le demandera. Est-ce que vous êtes bien ? Il est encore temps de dire ce qui ne va pas ! »
Elle finissait par me mettre la pression, qu’allait-il donc m’arriver pour qu’elle prenne autant soin de moi. Je répondis à sa question par un hochement de tête.
Les sons que produisait la machine m’étaient familiers. Mon corps pénétra lentement à l’intérieur de l’anneau, mais cette fois dans le sens inverse de l’habitude, c'est-à-dire de la tête aux pieds, et sur le ventre plutôt que sur le dos. Je sentis rapidement une tension s’exercer sur mon bras perfusé, le manipulateur qui avait laissé à sa collègue la mission de m’aider à m’installer s’en aperçu et demanda que l’on suspende un petit moment le déroulement de l’examen pour parer à ce problème. Il plaça la pompe à injection à l’arrière du scanner de manière à ce qu’elle soit et face à moi, puis par une habile manipulation passa la tubulure à travers l’anneau de ce même scanner, avant de relier de nouveau mon bras à la pompe.
« Bon nous allons pouvoir reprendre le cours des choses, obéissez aux instructions qui vous seront données par voix-off, et dans quelques instants vous ressentirez de la chaleur traverser votre organisme, c’est parce que l’on vous aura injecté le produit. »
J’étais à présent tout seul dans ma pièce, l’ensemble de l’équipe devait être devant les écrans de contrôle à explorer les images de mes viscères. Celui ou celle qui était aux commandes de la machine, me faisait faire des allers et venus à l’intérieur de l’anneau, sans doute pour de bonnes raisons. Simplement je constatais au fur et à mesure du déroulement de l’opération, que les choses ne se déroulaient pas du tout comme les autres fois. Cette technique permettait en effet de bien repérer la tumeur pour choisir le bon point d’entrée de l’aiguille, je l’appris un peu plus tard, car pour l’heure j’étais relativement dans l’ignorance de ce qui était en train de m’arriver.
« Ça va monsieur ? Pour rendre notre geste le plus sûr, nous sommes occupés à cibler très précisément l’endroit de pénétration de l’aiguille, et je crois bien que nous avons trouvé. » Effectivement avec un marqueur, la petite et gentille rouquine traça un cercle sur mon flan droit, un peut au dessus de la hanche.
« Je vais désinfecter la zone, ça va être un peu froid. »
C’était bien froid assurément, car je sursautai au moment de l’application du produit.
Ensuite elle posa un champ opératoire adhésif avant de laisser la place au grand boss.
A ce stade de l’intervention je n’avais pas encore vu le professeur Dupas, il arrivait ‘’en vedette’’ après que son équipe lui ait préparé le terrain. De la manière que j’étais positionné je ne pouvais entendre que sa voix, et comme il ne vint pas me saluer, je me préparai à être manipulé par un parfait inconnu. L’homme se positionna à ma droite, à hauteur de ma hanche, face à son écran de contrôle. A partir de ce moment là, plus personne ne s’intéressa à autres choses qu’à ma récalcitrante métastase. Pourtant j’aurais bien eu besoin de réconfort, et de quelqu’un à mes côtés pour m’expliquer point par point ce qui était en train de m’arriver, car je flippais à mort. L’ambiance ressemblait à celle des séries TV hospitalières, sauf que je n’étais pas le spectateur assis confortablement dans son fauteuil, mais l’acteur dans le rôle du malade, de ce qui n’était pas malheureusement de la fiction.
« Vous allez ressentir une petite douleur due à la piqûre, c’est désagréable, mais l’anesthésie produira ses effets immédiatement. »
C’était la première fois que mon médecin fantôme m’adressait la parole, et malgré une gymnastique des yeux, mon champ de vision était considérablement réduit, et j’étais incapable de le distinguer correctement. De toute façon avec son chapeau de chirurgie et son masque l’homme aurait été totalement inidentifiable.
L’équipe gravitait autour de moi, comme des mécaniciens autour d’un véhicule, je priais pour maîtriser mon angoisse, car si je perdais mon sang froid, je risquais de faire capoter l’examen, on me l’avait expressément fait comprendre. Heureusement il me restait suffisamment de fierté pour ne pas passer pour un poltron, aussi je serais les dents en me persuadant que le plus dur serait bientôt passé.
Si je n’avais pas senti l’aiguille me pénétrer la chair, à présent je percevais nettement sa trajectoire à l’intérieur de mon corps, c’était une sensation nouvelle qui n’avait rien de très attrayant. Je ne savais pas si j’étais autorisé à dialoguer durant l’intervention, en même temps j’avais peur de déranger l’équipe dans son travail. Professeur et assistants se parlaient entre eux dans des termes qui s’apparentaient pour moi à du chinois, ce qui m’effrayait quelque peu, car ne maîtrisant absolument pas le sujet, j’avais l’impression que l’on me cachait des choses. N’y tenant plus, je finis par prendre la parole, avec de petites contractions dans ma voix.
« Est-ce que tout va bien ? »
« Oui monsieur, j’en suis à mi-parcours. »
La réponse ne me satisfaisait guère, car il devenait psychologiquement difficile à supporter qu’un élément étranger se ballade entre mes viscères. J’essayais tant bien que mal de contenir mon impatience, mais le praticien percevait sans nul doute mon extrême nervosité.
« Je suis en train de traverser la partie la plus délicate de l’intervention entre la veine cave et l’aorte, et la tumeur n’est plus très loin. Ne vous en faites pas ça va bien se passer. »
Je retenais mon souffle et je serrais les dents, je voulais chasser de mon esprit cette impression de contrôler de moins en moins la situation.
« Voilà j’ai atteint la tumeur, je vais pénétrer à l’intérieur. »
Il n’avait pas besoin de me le dire, je sentis un violent picotement qui me fit sursauter, et grimacer de douleur. Crispé de la tête aux pieds, je voyais enfin venir le bout du tunnel, car l’aiguille effectuait le chemin à l’inverse.
« C’est terminé monsieur, nous avons la grosseur d’échantillon nécessaire pour effectuer une analyse fiable. »
Une assistante m’appliqua un pansement sur la petite incision causée par l’aiguille, tandis que le professeur se débarrassait de sa blouse, de son masque et de son chapeau, en les jetant dans le bac prévu à cet effet, puis s’esquiva aussitôt. Je pus distinguer la scène, car je n’avais plus l’obligation d’être immobile. La même assistante m’invita à me retourner sur le dos, puis à basculer de la table d’examen à mon lit.
« Je ne vais pas vous libérer de votre perfusion, car vous avez besoin de vous réhydrater. »
Elle recouvrit mon corps de l’unique drap que j’avais en ma possession pour me tenir au chaud, puis d’un geste de la main invita son collègue à la rejoindre, pour l’aider à me pousser dans le vestibule. La cinquantaine bien passée, les cheveux grisonnant, le professeur Dupas m’aborda avant que je ne quitte définitivement la pièce.
« Docteur Rolland m’avait parlé d’une aspérité atypique, je suis tombé en effet sur quelque chose d’extrêmement vascularisé, qui a saigné aussitôt lorsque mon aiguille l’a pénétrer. D’ailleurs vous avez vivement réagi par la douleur provoquée. Vraiment très curieux, je n’arrive pas à me faire une opinion. Bon on verra bien d’après l’analyse à quoi il faut s’attendre. Nous n’aurons les résultats que dans une quinzaine de jours, j’enverrai à ce moment là un courrier au centre Gauducheau. »
Il me salua par un léger hochement de tête, puis s’éloigna avant même de prendre le temps d’écouter mes remerciements.


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